Agriculture et pêche

La pêche représente une part importante de l’activité économique mais est confrontée à la nécessaire gestion des stocks halieutiques

La filière pêche constitue un secteur d’activité important en Nord - Pas-de-Calais. La région compte cinq ports de pêche : Boulogne-sur-Mer, Calais, Dunkerque, Étaples et Grand-Fort-Philippe [1]. Boulogne-sur-Mer est le plus grand port de pêche français. La pêche est à l’origine d’un grand nombre d’emplois sur un petit territoire

La filière « produits de la mer », un secteur d’activité important ; peu de marins embarqués…

En 2005, 55 968 tonnes de poissons [2] ont été vendues en Nord - Pas de Calais. Avec 48 062 tonnes de poissons frais et 10 875 tonnes de poissons congelés en 2005, Boulogne-sur-Mer fournit la plus grande partie de la valeur débarquée de la région [3]. On observe cependant une baisse des quantités vendues en criées avec 37 948 tonnes en 2006, contre 46 823 tonnes en 2003 et 52 179 tonnes en 2000 [4].

Toutes pêches confondues, la région compte, en 2005, 1 349 marins embarqués, soient 6 % des marins embarqués à l’échelle nationale.

Plusieurs types de pêche peuvent être distingués : la « grande pêche » concernant les navires absents de leur port d’attache pour plus de vingt jours ; la « pêche au large » : les navires s’absentent plus de 96 heures et n’appartiennent pas à la grande pêche ; la « pêche côtière » pratiquée par des navires absents du port entre 24 et 96 heures ; la « petite pêche » touche les navires absents du port pour 24 heures ou moins.

La petite pêche se pratique dans les zones Manche Est (zone VIId du Conseil international d’exploitation de la mer, CIEM) et sud de la mer du Nord (zone IVc). Les navires concernés sont principalement des fileyeurs utilisant le filet trémaille (filet fixe). Les espèces capturées sont surtout la sole, la plie et le cabillaud. La pêche côtière se pratique dans les zones Manche Est (zone VIId) et sud de la mer du Nord (zone IVc). Il s’agit principalement de chalutiers de moins de 24 m. Les espèces capturées sont très diversifiées : merlan, maquereau, seiche, cabillaud, rouget barbet, sole, etc. Le repos hebdomadaire du week-end permet de limiter l’effort de pêche. La grande pêche et la pêche au large concernent aujourd’hui neuf navires de Boulogne-sur-Mer [5]. Les zones de pêche sont à l’est et à l’ouest de l’Écosse, à l’ouest de l’Irlande et dans les eaux de Norvège et des îles Féroé. Les principales espèces remontées sont le lieu noir, le grenadier, la lingue bleue, le niger princeps et le merlan.

la date du 1er janvier 2007, 210 navires de pêche sont immatriculés dans le Nord - Pas-de-Calais et en Picardie. En 1996, la flottille comprenait 254 navires, soit une baisse de 17 % en dix ans, baisse équivalente à la diminution de la flottille nationale durant la même période [6].
CR NPDC - Lionel Flageul.

… mais beaucoup d’emplois à terre

La filière « produits de la mer » régionale emploie plus de personnes à terre pour la transformation qu’en mer. Situé au carrefour entre les principales zones de production au nord de l’Europe et de consommation au sud, Boulogne-sur-Mer occupe une place stratégique. C’est la première plate-forme européenne de transformation et de commercialisation des produits de la mer. Plus de 46 000 tonnes de poissons y ont été débarquées en 2005 [7] et les tonnages traités sont six fois plus importants. Ainsi, près de 300 000 tonnes de produits de la mer y sont transformées sous différentes formes : frais, congelés, surgelés, salés, fumés, séchés, conserves et plats couvrant un large éventail d’activités (mareyeurs, entreprises de salaisons, conserverie, production de produits traiteurs, découpe, emballage, négoce international, transport international, etc.). La concentration autour de la filière des produits de la mer est très forte dans le Boulonnais ou cette activité concerne plus de 4 000 emplois et 182 entreprises dont 174 à Boulogne même. Le chiffre d’affaires s’élève à un milliard d’euros [8]. Pourtant, cette industrie est fragile et a déjà perdu de nombreux emplois.

Une filière qui s’organise pour innover et préparer l’avenir

Pour faire face aux enjeux du secteur (forte concurrence en Europe, exigence de sécurité alimentaire et de traçabilité, forte demande en produits finis de qualité…), les professionnels de la filière ont créé en 1999 le pôle « Filière halieutique », association interprofessionnelle qui a pour objectif d’améliorer la compétitivité des entreprises de la filière afin de les pérenniser. Celui-ci a été labellisé pôle de compétitivité national « Filière produits aquatiques » en juillet 2005.

L’objectif est de réunir sur un même territoire, d’une part, trois types d’acteurs : les entreprises, les centres de formation et les unités de recherche, d’autre part, trois qualités : le partenariat, l’innovation et la visibilité internationale. Le pôle travaille selon trois axes : l’exploitation raisonnée des ressources pérennes et la valorisation des produits et des coproduits de la pêche et de l’aquaculture, le renforcement de la technicité et de l’environnement des entreprises, l’amélioration de la qualité des produits et de la sécurité alimentaire.

Notes

[1- Calais, Dunkerque et Grand-Fort-Philippe participent également mais de manière plus modeste au développement de la filière pêche régionale.

[2- Pêches fraîches, congelée (hors algues) ; source : Ofimer, ministère de l’Agriculture et de la Pêche, Bilan annuel de production 2005 des pêches et de l’aquaculture.

[3- Tonnages en équivalent poids vif ; source : Ofimer, ministère de l’Agriculture et de la Pêche, Bilan annuel de production 2005 des pêches et de l’aquaculture.

[4- Pêche fraîche, source Ofimer, ministère de l’Agriculture et de la Pêche, Bilan annuel de production 2005 des pêches et de l’aquaculture.

[5- Source : DRAM Nord - Pas-de-Calais.

[6- Source : Ofimer.

[7- Source : Ofimer.

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