Sols et sous-sols

L’après-mine  : des terrils, qui participent à la reconquête du foncier et au développement de l’offre de loisirs

Allongé d’ouest en est sur cent kilomètres au cœur de la région, le bassin minier s’étend sur près de 2 000 km2. La houille a été exploitée pendant 270 ans, au cours desquels 2,3 milliards de tonnes de charbon ont été extraites. L’extraction du charbon s’est achevée en 1990, mais les conséquences de l’activité minière ne se sont pas arrêtées le jour de la fin de l’exploitation.

Cette activité a en effet laissé des traces fortes et parfois indélébiles : terrils, friches, zones humides liées aux zones d’affaissement. Elle est également à l’origine de certains risques (effondrement, remontée de grisou, émissions de gaz dangereux [voir chapitre « Risques »]). La région a compté plus de 300 terrils, soit environ 515 millions de tonnes de schistes houillers et de cendres. Les terrils façonnent ainsi les paysages des régions minières et font partie de leur patrimoine.

Les plus anciens terrils houillers peuvent encore contenir suffisamment de houille pour entrer en combustion lente, spontanément ou à la suite d’un incendie de surface. La combustion lente de certains terrils est la cause d’un phénomène de vitrification des schistes qui acquièrent ainsi des capacités mécaniques suffisantes pour en faire des matériaux de construction routière. Certains terrils connaissent donc une seconde vie en étant exploités dans ce but, comme par exemple les terrils tabulaires du site du 11/19 à Loos-en-Gohelle.

En général, les terrils ont laissé place à des aménagements urbains ou à des activités industrielles (zones d’activités, stades, parking, etc.). Certains sont reconvertis en espaces verts ou de loisirs, constituant l’armature de la trame verte du bassin minier. Leur écosystème particulier, dû à leur chaleur interne, apporte une faune et une flore nouvelle. On peut ainsi y trouver des plantes d’origine méditerranéenne aussi bien que continentale. Quelques terrils ont été aménagés pour la pratique de diverses activités sportives : à Nœux-les-Mines par exemple, une piste de ski synthétique a été aménagée. Sur les terrils du 11/19 à Loos-en-Gohelle, c’est le parapente qui est pratiqué.

Les terrils ne sont pas les seules marques dans le paysage du passé minier de la région. Il reste également des installations de surface liées à l’exploitation minière (chevalements, bâtiments des carreaux de fosse, corons, équipements de surveillance de l’après-mine), mais aussi à d’autres activités industrielles directement liées à l’exploitation de la houille (cokeries notamment). Mis à part les équipements de surveillance, ces installations ont été très souvent réaffectées à une autre activité et réhabilitées. Certains sites sont par ailleurs classés au titre des monuments historiques et pourront faire l’objet d’un classement au titre du patrimoine mondial de l’Unesco.

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