Agriculture et pêche

L’agriculture  : une activité qui tient une place de choix dans l’économie régionale

Région de polyculture-élevage qui occupe une situation particulière en Europe du Nord-Ouest, le Nord - Pas-de-Calais se situe au contact des régions de grandes cultures du Bassin parisien et des zones d’agriculture intensive du Nord (Belgique et Pays-Bas).
Malgré une forte dynamique urbaine et une industrie puissante, l’agriculture continue à jouer un rôle essentiel dans l’économie régionale. Elle a su créer des liens avec son industrie agroalimentaire et, dans une moindre mesure, avec le textile (culture de lin).
Ainsi, en 2005, l’emploi agricole compte 32 920 actifs, soit 2,3 % de l’emploi régional, représentant 1,7 % de la valeur ajoutée de l’économie régionale. La surface agricole utilisée (SAU), de 818 928 ha en 2005, représente 68,2 % du territoire régional [1].
L’importance de la surface agricole résulte en partie de l’importance des aménagements ruraux (remembrements, aménagements hydrauliques) ayant pour conséquence l’intensification de la culture.

Des exploitations qui continuent à se concentrer et à s’agrandir

Comme à l’échelle nationale, le nombre d’exploitations agricoles continue à diminuer. On comptait environ 49 000 exploitations dans la région en 1970, il n’en restait que 18 038 en 2000 et 15 049 en 2005 [2], soit une perte de 16,5 % entre 2000 et 2005. Le nombre d’exploitations professionnelles [3] diminue également de 14,7 % entre 2000 et 2005 (11 245 exploitations en 2005 contre 13 180 en 2000).
Parallèlement, les exploitations agricoles continuent à s’agrandir avec une surface moyenne par exploitation qui gagne 8 ha en cinq ans passant de 46 ha à 54 ha entre 2000 et 2005 [4].

Les exploitations se regroupent : une diminution de 22,9 % du nombre d’exploitations individuelles est observée entre 2000 et 2005 (respectivement 14 297 et 11 022) alors que les formes sociétaires continuent de se développer, en particulier les exploitations ­agricoles à responsabilité limitée (EARL, en augmentation de 20,6 % entre 2000 et 2005, respectivement 1 763 et 2 126).
Cette restructuration se fait sentir sur le plan de l’emploi avec une diminution importante du nombre des chefs d’exploitation et des conjoints non exploitants, ainsi que des personnes travaillant dans les exploitations (respectivement - 2,6 % et - 2,3 % entre 2000 et 2005 pour les exploitations professionnelles).

Les grandes cultures et les élevages de volaille se développent

Les terres labourables occupent 78,1 % de la SAU en 2005, contre 75 % de la SAU en 1988. Elles sont surtout consacrées à la culture des céréales (41,3 % de la SAU en 2005, 42 % en 2000). Le Nord - Pas-de-Calais est une région privilégiée pour les cultures industrielles. Elle se situe au premier rang des régions françaises pour la production de pommes de terre (37 % de la production nationale).
Comme au niveau national, l’élevage ne cesse de régresser entraînant une diminution importante des surfaces toujours en herbe (173 057 ha en 2000, 165 500 ha en 2005), et des cultures fourragères. Les cheptels bovin et porcin diminuent, perdant respectivement 14 % et 17 % de leur effectif entre 1990 et 2005. Les élevages de volailles quasi industriels se développent toujours, avec un effectif d’animaux qui augmente de 16 % entre 1990 et 2005 [5].

Un développement de l’agriculture biologique à encourager

Avec seulement 0,4 % des superficies cultivées (3 460 ha) et 0,9 % des exploitations agricoles (142 exploitations en 2006), l’agriculture biologique représente une part modeste de l’agriculture régionale, comme dans toutes les régions du grand Nord de la France.

Pour favoriser l’essor de l’agriculture biologique, un plan d’actions régional concerté pour le développement de l’agriculture biologique (PARC Bio) a été mis en place entre 2000 et 2006.

Celui-ci a contribué au développement de l’agriculture biologique observé en région ces dernières années, malgré les freins existant : les aides à la conversion n’ont pas été disponibles pendant trois années entre 2000 et 2006 (en 2002, 2003 et 2006) ; les bonnes performances de l’agriculture régionale n’incitent pas les agriculteurs à se reconvertir et certaines cultures industrielles comme la betterave ont du mal à trouver des débouchés.

Deux mesures du programme de développement rural hexagonal 2007-2013 (mesures conversion et maintien) ainsi que les dispositions fiscales mises en place pourront contribuer au développement à venir de l’agriculture biologique, et ce, d’autant plus que des projets entraînant un développement de l’agriculture biologique pourront être accompagnés techniquement par les organismes agricoles et seront initiés par les collectivités locales.

Une agriculture « périurbaine » soumise à une forte pression foncière

Une particularité forte de l’agriculture régionale est son caractère périurbain. 53 % des exploitations régionales et 50 % de la surface agricole régionale se situent dans les zones urbaines et leur couronne [6].
Si la localisation des exploitations en zone périurbaine procure des avantages réels essentiellement liés à la proximité des consommateurs pour la vente directe, elle induit également des contraintes : foncier plus rare et plus cher qui peut pénaliser l’installation d’agriculteurs, risques de conflits entre différents usagers, pollutions urbaines et industrielles relativement fréquentes, risques de vol et de vandalisme. C’est d’ailleurs dans la région de Lille que le prix à l’hectare de terres labourables est le plus élevé : 9 000 euros en 2006.

La pression foncière sur les terres agricoles est importante. Entre 1992 et 2002, le recul de l’agriculture en Nord - Pas-de-Calais a été supérieur à la moyenne nationale. Les cultures annuelles ont perdu 24 000 hectares et les sols artificialisés ont progressé de 21 000 ha. L’évolution des paysages agricoles se caractérise par une banalisation et un mitage des milieux agricoles homogènes et, très localement, la déprise des zones ou l’agriculture est fragilisée.

Une étude menée sur la période 1990-2003 amène à deux constats principaux. D’une part, les terres arables diminuent de près de 1 000 ha par an au profit direct d’usages urbains. 850 hectares sont artificialisés et 120 hectares utilisés à des fins de jardins d’agrément ; d’autre part, le stock des terres arables est reconstitué à partir du retournement des prairies permanentes.
L’étude pose l’hypothèse que les meilleures terres arables vont à l’urbanisation et que leur diminution est partiellement compensée à partir de moins bonnes terres utilisées précédemment comme des prairies naturelles (terres qui peuvent être plus difficilement exploitables, en pente, etc. et pouvant être moins propices à l’urbanisation). Le stock de friches agricoles, qui constituent un état transitoire, est alimenté à partir des surfaces agricoles (terres arables et prairies permanentes). Au regard de son importance, il alimente fortement l’urbanisation.

Ainsi, l’étalement urbain, diffus ou linéaire, entraîne une fragmentation des espaces et augmente les contraintes d’exploitation. La création de « poches agricoles » au sein de territoires qui s’urbanisent pose la question du maintien, à terme, de terres agricoles qui contribuent à l’alternance de territoires urbains et ruraux et à l’aération des paysages. En effet, dans une logique de développement concentrique en continuité avec le tissu urbain existant, les terres agricoles enserrées dans un territoire urbanisé seront a priori les premières à être urbanisées. Par ailleurs, les contraintes d’exploitation augmentant, il est également possible que les exploitants trouvent à terme difficilement repreneur.

Face à l’expansion des villes et à la pression foncière, la protection stricte des espaces agricoles dans les documents d’urbanisme (PLU, SCOT, etc.), la maîtrise de l’urbanisation linéaire et la priorité donnée au renouvellement urbain sont des leviers essentiels pour garantir le maintien de terres agricoles ainsi que celui de l’identité rurale de territoires [voir chapitre « Dynamique urbaine et territoires »].

Notes

[1- Source : Agreste 2005.

[2- Ensemble des exploitations agricoles, RGA et enquête structure 2005.

[3- Voir définition en fin de chapitre.

[4- La SAU des exploitations professionnelles augmente de 9 ha en cinq ans, passant 60 à 69 ha entre 2000 et 2005. Une exploitation professionnelle sur cinq dépasse 100 ha

[5-Ensemble gallus, dindes, dindons, et canards ; augmentation du 29% entre 1990 et 2005 pour les seuls volailles « ensemble gallus », source Agreste

[6- Source : Politique agricole région Nord - Pas-de-Calais, orientations 2007-2013, février 2007.

Portfolio

Source : Agreste - Enquête structure 2005 et recensement agricole (...) Source : Agreste - Maapar. Source  : Agreste. Source : Agreste - Enquête structure 2005.

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