Industrie

Agora un projet de reconversion durable pour Metaleurop Nord à travers le développement d’éco-activités

La fermeture de Metaleurop Nord à Noyelles-Godault en 2003, a entraîné une crise économique et sociale majeure, assortie de graves conséquences environnementales et sanitaires. Mise en redressement judiciaire, l’entreprise n’a pu assumer l’obligation légale de remise en état du site.

Métaleurop était le dernier producteur de plomb primaire en France. Il produisait, depuis 1894, du plomb et du zinc par les procédés thermiques de première fusion. L’usine générait des rejets atmosphériques considérables de plomb, cadmium et zinc mais aussi d’hydroxyde de soufre.

Le site de cinquante hectares était classé « Seveso II ». Au cours de décennies, les retombées atmosphériques ont engendré une forte pollution des sols. Les métaux lourds, peu mobiles et peu solubles, sont restés confinés dans les couches superficielles du sol.

Le site employait 830 salariés et produisait 130 000 tonnes de plomb, 100 000 tonnes de zinc et 250 000 tonnes d’acide sulfurique par an.

Repris en novembre 2003 par SITA, le projet qui a vu le jour comportait plusieurs objectifs : dépollution, création de 190 emplois notamment pour les anciens salariés Metaleurop, création d’un site industriel au service de l’environnement avec huit unités éco-industrielles.

Pour être mené à bien, le projet est mis en œuvre en deux étapes successives.

La remise en état du site (août 2004 - juillet 2006) :

Le bilan de la remise en état :

  • 190 000 tonnes de déchets traités (gravats, amiante, déchets dangereux, bois, etc.) ;
  • 47 000 tonnes de déchets valorisés (ferrailles, minerais, métaux ferreux et non ferreux, etc.) ;
  • 83 bâtiments désamiantés et démolis ;
  • 6 bâtiments conservés et réhabilités ;
  • plus de 83 000 m2 de plaques en amiante-ciment démantelées ;
  • 3 545 mètres de canalisations de gaz purgées ;
  • un effectif moyen de 140 personnes.

Le redéploiement

Siège d’une industrie polluante issue de la révolution industrielle, le site devient le cœur d’un parc d’activités nouvelles, ouvert sur les marchés porteurs du XXIe siècle : les métiers de l’environnement et les nouvelles technologies du recyclage.

Dès la fin du démantèlement et de la dépollution du site (mi-2006), le projet Agora a débuté avec l’implantation de huit unités industrielles exploitées par SITA. Elles appartiennent aux éco-industries, c’est-à-dire au domaine du recyclage productif et respectueux de l’environnement :

  • une plate-forme de traitement de terres et sédiments pollués ;
  • un pôle de traitement biologique et de valorisation de déchets organiques ;
  • une plate-forme de tri - transfert et conditionnement de déchets valorisables ;
  • une unité de traitement des effluents liquides et résidus de curage ;
  • une plate-forme de valorisation de palettes ;
  • un centre de transfert de déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) ;
  • une unité de démantèlement de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) ;
  • une usine de démantèlement de véhicules hors d’usage.

La création de ce site industriel au service de
l’environnement permettra de :

  • mettre la tri-modalité du site (canaux, autoroute, voies ferrées) au service de l’ensemble des acteurs économiques. Gérées par SITA, ces installations pourraient bénéficier à tous ceux qui en ont l’usage ;
  • créer 190 emplois sur de nouveaux métiers ;
  • offrir des opportunités d’emploi privilégiées aux anciens salariés de Metaleurop et à la main d’œuvre locale.

Une zone tertiaire a été créée sur le site afin d’accueillir des entreprises de la région qui souhaitent se développer. Les bâtiments rénovés accueillent donc aujourd’hui une dizaine de sociétés de services qui emploient plus de 200 personnes.

Le projet Agora entend ainsi dépasser l’urgence sanitaire, sociale et environnementale pour faire de la dépollution -reconversion de Metaleurop un exemple de reconversion industrielle durable et exportable. C’est une opération de reconquête innovante, tournée vers les métiers nouveaux de l’éco-industries.

l’extérieur du site

l’extérieur du site, le ministère chargé de l’environnement a autorisé l’ADEME à poursuivre son intervention engagée lors de la cessation d’activité de Métaleurop afin d’assurer des mesures de prévention de risques telles que :

  • la maîtrise du développement de l’urbanisation autour du site (restrictions, décapage et reprise des terres) ;
  • le retrait de la chaîne alimentaire des produits agricoles impropres à la consommation ;
  • l’acquisition et boisement des exploitations agricoles situées autour du site ;
  • le nettoyage des cours d’écoles.
    Une étude des exploitations agricoles a permis de mettre en lumière des solutions permettant le maintien de l’activité agricole dans des filières compatibles avec la pollution résiduelle des sols. La gestion des terres affectées par le règlement du projet d’intérêt général (PIG) instauré autour du site a également fait l’objet d’une étude destinée à rechercher des solutions pérennes.

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