Sols et sous-sols

 Des sols globalement de bonne qualité agronomique

Des types de sols variés

La plaine maritime des Wateringues [1] et les Bas Champs picards se caractérisent par la présence de sols formés sur des dépôts de sédiments marins récents. Ces formations sont souvent sableuses mais aussi limoneuses, argileuses, tourbeuses ou calcaires (tuf). Ces sols peuvent être hydromorphes dans les parties basses des plaines littorales. La plaine maritime des Wateringues a une altitude moyenne d’un mètre, celle des Bas Champs picards d’environ quatre mètres. La nappe d’eau, proche de la surface, doit alors être maintenue en profondeur par un système de wateringues [2].

Mises à part les plaines maritimes, les sols de la région Nord - Pas-de-Calais se sont formés sur une couverture limoneuse pléistocène continue ne laissant apparaître que de rares affleurements de matériaux ante-­quaternaires. Le développement des sols est fortement influencé par l’épaisseur de la couverture, sa nature plus ou moins argileuse, limoneuse ou sableuse, ainsi que son drainage. Les basses plaines (plaine de la Lys, plaine de la Scarpe) sont fréquemment recouvertes de matériaux complexes (sables, limons sableux, limons, argiles, tourbes), généralement hydromorphes.

Les affleurements crayeux du Haut Boulonnais et de l’Artois se caractérisent souvent par des sols calcaires ayant une forte stabilité structurale et se ressuyant rapidement.

Dans l’Artois (Cambrésis, pays de Montreuil, Haut Artois, Ternois), la nature des sols varie suivant la position topographique : limons décalcifiés sur les plateaux et formations caillouteuses d’argile à silex sur les pentes. Ils ont une stabilité structurale limitée et sont particulièrement sensibles à la battance [voir définition en fin de chapitre]. D’autres petites régions (Boulonnais, Flandre intérieure, Thiérache, région de Lille pour partie) présentent sous le recouvrement limoneux un substrat plus ou moins argileux, avec un risque d’engorgement des sols s’ajoutant au risque de battance superficielle.

Des stocks de matière organique affaiblis par l’agriculture intensive

Les stocks de carbone organique des sols de la région Nord - Pas-de-Calais sont évalués en moyenne à 48,5 tonnes/ha [3]. Ils présentent une forte variabilité qui est principalement liée à l’occupation du sol et aux pratiques agricoles. Les stocks les plus faibles sont essentiellement localisés dans les zones de cultures intensives sur des sols limoneux instables (Flandre intérieure, plaine de la Lys, sud de l’Artois). Ils sont inférieurs à la moyenne nationale des stocks observés sous culture (qui est de 43 t/ha). Ceci est probablement dû aux effets conjugués de l’existence de cultures très intensives à faibles restitutions organiques (légumes, pomme de terre) et à une faible stabilisation de la matière organique dans ces sols peu argileux.

Des stocks plus importants sont observés dans les zones ou persistent des prairies permanentes et de l’élevage bovin (Boulonnais, Thiérache). Les stocks les plus élevés correspondent aux zones ou les forêts sont prédominantes (par exemple dans quelques secteurs des Champs picards, de la plaine de la Scarpe, du Hainaut et de la Thiérache) et dans les zones les plus froides et les plus humides (forêts et landes tourbeuses du plateau Ardennais).

Des pratiques culturales simplifiées peuvent réduire l’impact de l’agriculture sur la structure et la qualité des sols : maintien de résidus végétaux en surface, labours superficiels et semis directs, etc.

Notes

[1- Un ancien golfe comblé par les dépôts marins récents.

[2- Canal servant à la lutte contre les intrusions salées.

[3- Données INRA, 2001.

Portfolio

Source  : Inra, 1998 Source  : Inra (D. Arrouays), 2001. Source  : Groupement d'intérêt scientifique sur les sols (Gis Sols), BDAT, (...)

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